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L’asthme est une maladie chronique des bronches qui touche environ 300 millions de personnes dans le monde (c’est la maladie chronique la plus courante chez l’enfant). Si une bonne prise en charge permet de donner au patient asthmatique une bonne qualité de vie, les plus gros facteurs de risque pour le développement de l’asthme sont les substances et particules inhalées qui provoquent des réactions allergiques ou irritent les voies respiratoires.
Si les causes profondes de l’asthme ne sont pas encore totalement élucidées, on sait que l’association d’une prédisposition génétique à l’inhalation de substances et de particules dans l’environnement est le principal facteur des réactions allergiques et de l’irritation des voies respiratoires. Parmi ces substances ou particules, citons :
les allergènes à l’intérieur des habitations (acariens) ;
les allergènes extérieurs (pollens et moisissures) ;
la fumée du tabac ;
les produits chimiques irritants sur le lieu du travail ;
la pollution de l’air.
L’effet de la pollution sur l’asthme n’est aujourd’hui plus à démontrer : les polluants présents dans l’atmosphère irritent les voies respiratoires et augmentent les infections respiratoires. Une étude menée dans plusieurs grandes villes françaises (Créteil, Reims, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Bordeaux et Marseille) par des chercheurs de l’Inserm a ainsi démontré l’augmentation des manifestations respiratoires chez les enfants vivant depuis plus de huit ans dans des zones importantes de pollution, grâce à des capteurs installés dans 108 écoles, auprès de 5 300 enfants.
Plus précisément, un dépassement même minime des seuils de pollution recommandés par l’OMS (40 g/m3 pour le NO2 et 10µg/m3 pour les particules) pendant huit ans provoque l’augmentation de façon significative de l’asthme allergique et de l’’asthme à l’effort (1,5 fois) par rapport aux enfants vivant dans des zones où les concentrations sont inférieures (d’autres études montrent également le lien chez les enfants entre la densité du trafic automobile et les crises d’asthme).
Le dioxyde de soufre est un gaz irritant qui peut déclencher une bronchoconstriction symptomatique chez les asthmatiques et augmenter les gênes respiratoires ou la toux chez l’adulte ;
le dioxyde d’azote qui provoque crises d’asthme et augmente la sensibilité des bronches aux infections surtout chez l’enfant ;
l’ozone, un gaz agressif pénétrant facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines. Se manifeste essentiellement par des irritations du nez, des yeux et de la gorge, l’altération de la fonction pulmonaire, un essoufflement et de la toux. Les asthmatiques exposés à l’ozone voient leur sensibilité aux allergènes augmentée.
Les principales sources de pollution sont les foyers fixes de combustion, les usines d’incinération des déchets ménagers et industriels et bien sûr le trafic automobile.
Chez les asthmatiques, la pollution atmosphérique a trois effets principaux :
elle entraîne une réaction inflammatoire des bronches ;
elle augmente les réactions allergiques ;
elle favorise le déclenchement des crises d’asthme.
Heureusement, il est tout à fait possible de vivre normalement quand on a de l’asthme, à condition de suivre son traitement et les conseils des professionnels de santé.
Évitez de sortir les enfants lors des pics de pollution (les bébés respirent plus vite avec des poumons plus petits donc ils inhalent plus de substances polluantes) ainsi qu’en cas de brouillard (ses fines gouttelettes contiennent des polluants qui seront facilement inhalés) ;
marchez loin des voitures (dans les poussettes, les bébés sont à la hauteur des pots d’échappement) ;
évitez les heures de pointe et les milieux de journées où les polluants sont au maximum ;
évitez les endroits enfumés car le tabagisme passif est aussi nocif que le tabagisme actif (cela aggrave les réactions bronchiques et joue un rôle dans le déclenchement d’une crise d’asthme, et aggrave la fréquence, le rythme ainsi que l’intensité de ces dernières).
LE CO2 ET L’ENVIRONNEMENT
De 1991 à 2001 des efforts ont été entrepris en supprimant le plomb dans l’essence en diminuant les émissions de dioxyde de soufre dans les rejets industriels. Cependant selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 3 millions de personnes meurent chaque année sous l’effet de la pollution atmosphérique soit 5 % des décès dans le monde. Pour l’Europe, 100 000 décès et 725 000 années de vies perdues par an seraient attribuables à l’exposition aux particules fines. Pour parvenir à réduire les quantités de particules dans l’air, le groupe de travail du Grenelle de l’environnement propose d’agir à la fois sur les sources fixes (chauffage individuel, collectif, chaudières industrielles) en renforçant les normes minimales, et les sources mobiles, c’est-à-dire les véhicules diesel, en préconisant de réduire le trafic automobile, au profit des transports en commun et du fret non routier, et d’encourager le développement de véhicules propres.
Philippe Wolff